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l'existence determine la conscience

Les idées reçues autour des enfants d'immigrés

31 Décembre 2009 , Rédigé par hans Publié dans #Racisme - immigration et sans papiers

Un article extrait du site Ouest france


Claudine Attias-Donfut et l'universitaire nantais François-Charles Wolff viennent de publier un ouvragequi corrige quelques clichés tenaces. De quoi enrichir le débat sur l'identité nationale.

Entretien

François-Charles Wolff est économiste, professeur à l'université de Nantes et chercheur à l'Institut national des études démographiques.

Les enfants d'immigrés habitent les zones urbaines sensibles, c'est une idée répandue, non ?

Ils ne sont pourtant que 20 % dans ce cas. On a effectivement tendance à focaliser l'immigration autour de populations défavorisées, généralement africaines. Alors qu'une élite africaine qualifiée a aussi franchi le pas.L'une des premières données de notre enquête, c'est la diversité des situations. Il existe une immigration européenne. L'Italie, l'Espagne, le Portugal sont dans la liste des six principaux pays contributeurs avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie.

L'autre idée est qu'ils sont souvent abonnés à l'échec scolaire. C'est vrai ?

Quand les enfants d'immigrés sont comparés à tous les enfants d'une même classe d'âge, ils paraissent avoir de moins bons résultats à l'école. Tout change si l'on tient compte de la situation sociale.

Lorsqu'on met en balance enfants d'ouvriers immigrés et enfants d'ouvriers autochtones, les premiers s'en tirent très bien.

Les jeunes issus de l'immigration vont de plus en plus souvent à l'université et en ressortent diplômés. Il existe une réussite qui ne se voit pas, dont on ne parle pas. Comme des trains qui arrivent à l'heure.

Gare aux stéréotypes, à cettetendance à focaliser sur lesextrêmes. D'un côté des jeunes ensituation d'échec, désoeuvrés etdélinquants. De l'autre, une stigmatisation positive lorsqu'on insiste trop lourdement sur des cas de réussite, comme si elle n'était pas de plus en plus l'ordinaire.

Mais alors, comment parler des quartiers ?

Il convient d'éviter le double piège du catastrophisme et de l'angélisme. Il faut y percevoir l'activité multiforme des jeunes, faite de réussites et d'échecs scolaires, de carrières délinquantes ou d'engagements militants. Il ne faut pas nier la dureté des rapports sociaux, malgré les réelles solidarités de voisinage. Sans oublier le problème majeur de l'accès à l'emploi. Dans ces zones, le chômage est une calamité.

Vous parlez de transmission de l'enthousiasme ? C'est-à-dire ?

L'intégration des parents conditionne souvent celle de leur progéniture. Ceux qui voient leur arrivée en France comme une chance vont pousser leurs enfants à aller le plus loin possible dans leurs études. Si des attitudes hostiles ou méfiantes peuvent exister vis-à-vis de la France, elles sont minoritaires.

L'intégration impose t-elle l'assimilation ou accepte t-elle le multiculturalisme ?

Il n'y a pas d'incompatibilité entre l'affirmation de son identité et le sentiment d'une pleine appartenance à la nation française.

Recueilli par Thierry BALLU.

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