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l'existence determine la conscience

DÉCLARATION DU COMITÉ DIRECTEUR DU PARTI DES TRAVAILLEURS

18 Septembre 2007 , Rédigé par hans Publié dans #Secu - santé - retraites

logopt.gifDÉCLARATION DU COMITÉ DIRECTEUR DU PARTI DES TRAVAILLEURS

15 SEPTEMBRE 2007

NE TOUCHEZ PAS À NOS RETRAITES !
Unité pour le retour aux 37,5 annuités pour tous, public-privé !

      Le calendrier gouvernemental est d’une brutalité inouïe : remise en cause immédiate des régimes spéciaux de retraite ; instauration fin octobre des franchises médicales dans les lois de finances de la Sécurité sociale, remise en cause du Code du travail et du CDI pour y substituer un contrat de type CPE et adoption, dans la même période, par le gouvernement, au Sommet européen, du nouveau traité « simplifié ».
    On nous parle d’équité et de justice pour justifier la remise en cause des régimes spéciaux de retraite des salariés d’EDF-GDF, de la RATP, de la SNCF… Ce sont des mensonges.
    Egalité ? Il y a quinze ans, tout le monde, dans le privé comme dans le public, partait à la retraite après 37,5 annuités de cotisations.

    C’est Balladur, en 1993, qui a remis en cause cette égalité, en allongeant à 40 ans le nombre d’annuités nécessaires pour les salariés du privé.

    Ce sont Chirac et Jospin qui, au sommet européen de Barcelone en 2002, ont participé à l’élaboration du document se fixant l’objectif de faire reculer de cinq ans l’âge de départ à la retraite dans toute l’Europe.

    C’est ensuite Fillon, en 2003, qui, pour « corriger l’inégalité entre public et privé » a aligné, cette fois, les salariés de la fonction publique sur 40 annuités.

    En 1995, en 2003, par millions et par millions et dans l’unité, nous nous sommes mobilisés pour dire : « 37,5 pour tous, public-privé, préservation des régimes spéciaux, du Code des pensions civiles et militaires et de la CNRACL, abrogation des lois Balladur, Veil et Fillon. »

    Pourtant, aujourd’hui, le gouvernement repart à la charge. Une nouvelle fois « au nom de la justice », ce devrait être le tour des régimes spéciaux, pour ensuite allonger, pour tous, le nombre d’annuités à 41, 42, 43 ans…
    C’est tout le système de retraite par répartition qui est menacé de démantèlement total. Ce sont toutes les conquêtes collectives inscrites dans les statuts et les conventions collectives qui sont menacées.

    Ils ne s’en cachent même pas :

— La présidente de la Caisse d’assurance vieillesse, Danièle Karniewicz, déclare tranquillement : « Il est hors de question que l’on demande de nouveaux sacrifices aux salariés du privé, du régime général, en termes de durée de cotisation, de montant des cotisations ou de la pension de retraite, si on n’a pas fait des efforts au préalable sur les régimes spéciaux. » En résumé, nous dit-elle, il nous faut démanteler les régimes spéciaux pour pouvoir nous en prendre dans la foulée à tous les régimes de retraite.

— Et s’il fallait mettre les points sur les « i », le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, André Santini, annonçait au journal La Croix : « Le régime de retraite de la fonction publique est encore une sorte de régime spécial. La question du rapprochement du public avec le privé se pose donc pour 2008. Elle fait partie des axes de travail. »

    Bref, après leur avoir imposé une augmentation de la durée de cotisation, il faudrait supprimer la référence au dernier salaire d’activité et passer, pour le calcul de la retraite des fonctionnaires, qu’ils relèvent du Code des pensions civiles et militaires ou de la CNRACL, des six derniers mois à la moyenne des vingt-cinq meilleures années.

    La différence ? Un instituteur qui partirait à 55 ans avec 152 trimestres cotisés peut compter aujourd’hui sur une retraite de 1 580 euro ; avec ce calcul sur les 25 meilleures années, il percevrait le minimum garanti, soit 1 055 euros. Perte mensuelle : 525 euros, soit un tiers de la retraite.

    On nous parle de déficit des régimes spéciaux en raison de l’augmentation du nombre de retraités et de la baisse du nombre d’actifs. Mais qui a décidé des suppressions massives d’emploi à la SNCF, à EDF-GDF, à la RATP en même que la privatisation de pans entiers de ces entreprises publiques ?

Il n’y a pas plus de déficit des régimes spéciaux de retraite que de déficit du régime général ou bien de déficit de la Sécurité sociale littéralement étranglée par les 220 milliards d’exonérations patronales accordées depuis 1991, 23 milliards pour la seule année 2006.
    Que l’on compare les malheureux 6 milliards d’euros que l’Etat doit verser pour garantir le respect du statut des personnels concernés aux 13 milliards de cadeaux aux patrons du « paquet fiscal » voté cet été, et aux 300 milliards d’euros offerts par la Banque centrale européenne aux banques pour sauver les spéculateurs.

Et on ose nous parler de privilèges des régimes spéciaux de retraite !!!!
Les régimes spéciaux découlent de la spécificité des statuts qui les garantissent. Ils en sont partie intégrante. Leur création fut un point d’appui pour la construction du régime général.

Nous posons la question :

— Qui exige la privatisation-destruction de tous les services publics, et, pour cela, le démantèlement des régimes spéciaux ?

— Qui exige la liquidation du régime des fonctionnaires, au nom de la réduction des dépenses de l’Etat ?

— Qui pousse à allonger le plus possible le nombre d’annuités pour un départ à taux plein, afin d’ouvrir la voie aux retraites par capitalisation ?

— Qui pousse au démantèlement de la Sécurité sociale pour la livrer à la spéculation ?

— Qui, sinon la classe capitaliste, utilisant tous les ressorts du traité de Maastricht, de son pacte de stabilité et des directives européennes ?

Et cela au moment même où le gouvernement français s’apprête à ratifier le nouveau traité « simplifié », aggravation du projet de Constitution européenne rejeté par la majorité du peuple français le 29 mai 2005.

    Un traité dotant la présidence européenne de pouvoirs encore renforcés afin de détruire jusqu’au bout, contre la volonté des peuples, toutes les conquêtes sociales des travailleurs arrachées en France et dans toute l’Europe depuis 1945.

Comment est-il possible de ne pas mettre en rapport toutes ces questions ?

Comment est-il possible de dire comme le fait un Manuel Valls, le député PS : « Nous avons collectivement manqué de courage en 2003. Un nouveau rendez-vous est prévu en 2008. Il faut dire la vérité aux Français : l’allongement de la durée de vie rend inéluctable la hausse du nombre d’années de cotisation et les régimes spéciaux doivent être alignés sur le régime général. »

Comment peut-on se réclamer du « socialisme » et de dire comme un Benoit Hamon : « Nous exprimons notre inquiétude sur la méthode du gouvernement. Une réforme est nécessaire, elle doit être négociée et construite avec les partenaires sociaux. »

Comment est-il possible d’admettre, comme le fait le PCF qu’il y a « une situation déficitaire bien réelle de l’ensemble du système de retraite », quand le prétendu déficit sert de prétexte au gouvernement pour engager une offensive de démantèlement contre tout le système ?

Comment est-il possible de les voir ainsi tous, au nom de la méthode de négociation, accepter le cadre fixé par le gouvernement aux ordres de Bruxelles ?

Unité pour le retour aux 37,5 annuités pour tous public-privé !
Unité pour la défense des régimes spéciaux
Unité contre les franchises,
pour la restitution des 220 milliards d’exonérations patronales,
pour le retour à la Sécurité sociale de 1945 !
Unité pour dire non au nouveau traité “simplifié” !
EXISTE-T-IL UNE AUTRE ISSUE QUE CETTE VOIE DE L’UNITÉ ?
Toute division laisserait libre les mains libres au gouvernement.
Nous posons la question, cette simple exigence ne devrait-elle pas constituer la base de l’action de tout parti se réclamant de la classe ouvrière, de la défense de tous ses acquis sociaux et de la démocratie ?

N’est-ce pas ce qu’ont dit les 10 000 travailleurs qui ont signé cet été l’appel du Comité provisoire pour un parti ouvrier indépendant qui dit : « Non aux franchises médicales ! Retour à la Sécurité sociale de 1945 ! »

Le moment n’est-il pas venu de construire le parti ouvrier indépendant qui manque aujourd’hui dans ce pays pour mener, sur toutes ces questions vitales pour la vie des travailleurs et de leurs familles, le combat pour la réalisation de l’unité des travailleurs et de leurs organisations sur cet axe ?

Le comité directeur du Parti des travailleurs s’adresse solennellement à toutes et tous pour les appeler à se rassembler afin d’agir partout localement, départementalement sur cette ligne en construisant de comités provisoires pour le parti ouvrier indépendant et préparer la convention nationale ouvrière et socialiste des 24 et 25 novembre 2007.

Il vous appelle à lire et à diffuser son journal, Informations ouvrières, qui, semaine après semaine, démonte les mensonges déversés par les médias et le gouvernement sur les régimes spéciaux de retraite et informe sur le combat d’unité. Pour ces combats, il vous invite  à renforcer ses rangs.
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