editorial information ouvrière du 20 sept 2007
L’unité : face à l’avalanche d’attaques destructrices confirmées ce 18 septembre par Sarkozy, il n’est pas d’autre réponse possible.
L’unité : comment et sur quoi la forger ?
Prenons cette mesure qui concentre toutes les autres : les retraites.
Les régimes spéciaux ? Dès le 19 septembre, a annoncé Sarkozy, le ministre Xavier Bertrand entamera « des discussions avec tous les acteurs concernés : confédérations et fédérations syndicales, présidents des groupes et commissions parlementaires, dirigeants d’entreprise ». Ces discussions « ne devront pas excéder deux semaines ». Et dans deux semaines, l’objectif d’« harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique » sera atteint sous la forme de « principes communs » qui serviront de base à une « négociation entreprise par entreprise » (1).
Rappelons ici la déclaration du secrétaire d’Etat André Santini à propos de ce régime de retraite de la fonction publique : « La question du rapprochement du public avec le privé se pose donc pour 2008. Elle fait partie des axes de travail » (2).
Quant au régime général… Sarkozy annonce le passage de 40 à 41 annuités de cotisation pour une retraite à taux plein, cette contre-réforme devant être conclue « au cours du premier semestre 2008 » (1).
Si l’on résume : les régimes spéciaux alignés sur la fonction publique, la fonction publique sur le privé, et tous les régimes de retraite « harmonisés » rallongés à 41 annuités !
A cela, une seule réponse : l’unité de tous les travailleurs, quel que soit leur régime de retraite !
L’attaque vise tous les régimes de retraite en même temps.
L’unité, c’est l’unité des travailleurs et des organisations sur la revendication commune à tous : « Maintien des régimes spéciaux et de tous les régimes existant ! Retour aux 37,5 annuités pour tous, public-privé ! »
Sur un plan politique, ce mot d’ordre ne peut être formulé sans y relier l’exigence de la rupture avec l’Union européenne.
Une dépêche de l’AFP (12 septembre) révèle que cinq jours avant de prendre la parole au Sénat, Sarkozy a fait parvenir à la Commission européenne un document dans lequel il s’engage, pour satisfaire aux exigences du pacte de stabilité, à mettre en œuvre une « réforme des retraites » qui « aura pour objectif (…) de favoriser un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une pension complète ». Le document précise même : « Les régimes spéciaux seront alignés sur le régime de la fonction publique. »
Dans cette situation, tout militant ouvrier honnête tirera cette conclusion : prétendre, au plan politique, s’opposer aux mesures Sarkozy-Fillon sans rompre avec l’Union européenne ne peut que conduire à accompagner les contre-réformes et non les combattre (3).
Sur un plan politique, la base de l’unité ne peut reposer que sur cette triple exigence :
— Maintien des régimes spéciaux et de tous les régimes existant !
— Retour aux 37,5 annuités pour tous, public-privé !
— Sortie de l’Union européenne et de son pacte de stabilité.
Sur ces mots d’ordre, n’y a-t-il pas urgence à jeter les bases d’un authentique parti ouvrier indépendant combattant pour l’unité ?
Daniel Gluckstein
(1) AFP, 18 septembre.
(2) La Croix, 27 août.
(3) En visite en Italie, le 9 septembre, Ségolène Royal a déclaré que « le processus d’union en Italie (…) est un exemple utile pour la France » (publié le 12 septembre, sur « Paris d’Avenir », blog officiel du comité parisien de « Désirs d’Avenir »). Rappelons qu’en Italie, le gouvernement Prodi est soutenu par une majorité allant de l’équivalent de Bayrou à Besancenot en passant par Buffet et Hollande. Ce gouvernement vient, sur ordre de l’Union européenne, de faire passer de 57 à 62 ans l’âge de départ à la retraite ! Un exemple pour la France ?
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