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l'existence determine la conscience

Tout se ramène à la lutte de classe edito io

5 Octobre 2007 , Rédigé par hans Publié dans #Lutte des classes

L'éditorial de la semaine d'Information ouvrière


A multiplier discours et déclarations, MM. Sarkozy et Fillon finissent parfois, involontairement, par laisser échapper un bout de vérité. Le 18 septembre, le président a appelé à « définir un nouveau droit à la protection so­ciale » concernant la « dépendance », notamment des personnes âgées. Il faudra, a-t-il dit, « développer l’assurance individuelle (…). Les investisseurs privés doivent investir davantage dans ce secteur (…). La dépendance des personnes âgées est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits financiers innovants. »


Vous avez bien lu : « les nouveaux droits » à la protection sociale…, c’est le droit de livrer la Sécu — d’abord le « cinquième risque », puis tous les autres — aux assurances privées qui y feront fructifier leurs « produits financiers innovants. »


N’est-ce pas pour préparer le terrain aux spéculateurs qu’on a fait resurgir cette semaine le prétendu « trou de la Sécu » ? Et on nous rebat les oreilles avec la recherche d’un nouveau financement de la Sécu ? Non, aucun nouveau financement n’est nécessaire, il suffit que les patrons remboursent les 200,1 milliards d’euros d’exonérations dont ils ont bénéficié !


Et les retraites ? On prétend ici et là que seuls les régimes spéciaux seraient dans le collimateur. Le 25 septembre dernier, le Premier ministre a déclaré : « Le rendez-vous retraites de 2008 (…) a deux préalables. Le premier, c’est la réforme des régimes spéciaux (…). Le second préalable, c’est l’emploi des seniors (…). Une fois réglés ces deux points, nous aborderons ensemble dans la concertation le rendez-vous de 2008 (…). L’augmentation de la durée de cotisation à 41 ans (…) est prévue par la loi. La durée de cotisation (…) doit donc passer de 40 à 41 ans entre 2009 et 2012 » (1).


Tout est lié ! Mais alors, pourquoi certains s’obstinent-ils à opposer les catégories de salariés les unes aux autres ? Si de l’aveu même du gouvernement, l’attaque contre les régimes spéciaux est reliée à la remise en cause du régime général (et de celui de la fonction publique, annoncée par le ministre Santini), comment y répondre, sinon par l’unité de tous les travailleurs, public et privé, avec les organisations, pour la défense de tous les régimes de retraite, pour le retour aux 37,5 annuités pour tous (2) ?


Toutes ces questions se ramènent à une seule : la lutte de classe.


Réuni ce 30 septembre, le comité provisoire pour un parti ouvrier indépendant a réaffirmé sa volonté d’avancer sur la voie de la construction d’un parti fondé sur des bases de classe. Un parti pour le retour à la Sécurité sociale de 1945, la restitution des 200,1 milliards d’euros, la défense des 36 000 communes, la renationalisation des secteurs clés de l’industrie, le retour au monopole public d’EDF-GDF et de la SNCF ; un parti qui défende le droit imprescriptible des syndicats à porter les revendications ouvrières en toute indépendance, un parti qui aide en toutes circonstances à l’unité des travailleurs et des organisations, pour la défense et la reconquête de leurs droits.
Un parti qui développe ce programme parce qu’il ne craint ni de remettre en cause le carcan de Maastricht ni d’appeler à sortir des institutions de l’Union européenne.


A l’heure où le gouvernement, au compte de l’Union européenne, s’en prend à tous les droits et garanties des travailleurs, n’y a-t-il pas urgence à avancer vers une telle réponse politique ?

Daniel Gluckstein



(1) Discours de François Fillon pour le 60e anniversaire de l’AGIRC, le 25 septembre 2007.
(2) « Concertation », dit le Premier ministre. Avant lui, Sarkozy avait déclaré : « Un partenaire social n’a pas pour seule mission de défendre un acquis social. » Ce qu’ils veulent ? Des syndicats qui remettraient en cause eux-mêmes les acquis sociaux ! Cela s’appelle le corporatisme !
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