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l'existence determine la conscience

Editorial information ouvrière 29 nov 2007

1 Décembre 2007 , Rédigé par hans Publié dans #médias

 Pas une réalité, la lutte de classe ?


 IOsemaine-copie-1.jpgHuit mille vingt-six travailleurs, militants de toutes tendances du mouvement ouvrier et démocratique, maires, élus, syndicalistes, ont désigné 236 délégués, qui, réunis avec 14 observateurs et 43 invités, ont constitué, ces 24 et 25 novembre, une convention ouvrière et socialiste.
 

Laquelle convention a décidé de convoquer avant l’été 2008 un congrès de fondation du parti ouvrier indépendant.
 

De cet événement, vous n’aurez entendu parler ni par les journaux ni par les télévisions et les radios.

 
Pourtant, en cette période où nombre de partis institutionnels sont frappés de désagrégation plus ou moins avancée, l’annonce de la prochaine constitution d’un nouveau parti sur la base d’un regroupement de forces constitue une exception notable. 

Est-ce pour cela qu’il ne fallait pas en parler ? Faut-il cacher à l’opinion publique qu’un parti se construit sur le terrain de la lutte de classe ?

 
Et pourtant… qui peut nier que la lutte de classe soit sur le devant de la scène avec la grève des cheminots pour défendre leur régime de retraite, sur laquelle nous revenons dans ce numéro ?

 
D’un côté, les multinationales, qui, avec l’aide de l’Union européenne, exigent la privatisation des chemins de fer. Pour cela, il faut — concurrence libre et non faussée oblige — casser le statut et le régime de retraite. De ce côté aussi, les fonds de pension (principalement nord-américains) pour lesquels les régimes de retraite français fondés sur la répartition et la solidarité ouvrière représentent un pactole à rafler.

 
De l’autre côté, des travailleurs qui ne veulent pas voir disparaître un tiers de leur pension et n’avoir pour leurs vieux jours, après une vie de travail, qu’un peu plus de 1 000 euros par mois !

 
Pas une réalité, la lutte de classe ?

 
Au-delà des régimes spéciaux, le rapport du COR (lire page 2) s’attaque à tous les régimes de retraite : le passage à 41 annuités, avec de plus la remise en cause annoncée des pensions de réversion pour les veuves et des bonifications pour les mères de famille… Et tout cela, au prétexte d’un prétendu déficit de… 4,2 milliards d’euros… à comparer à : 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux pour les capitalistes et les spéculateurs (« paquet fiscal » voté en juillet 2007), 23,9 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales volés aux travailleurs en 2006, 100 milliards d’euros de profits pour les entreprises du CAC 40 en 2006, etc.

 Pas une réalité, la lutte de classe ?

 
Si, bien évidemment.

 
Mais une réalité qu’ils voudraient masquer, noyer, dissoudre dans le « dialogue social », « l’intérêt général » et autres variantes contemporaines du corporatisme, repeint aux couleurs de l’Union européenne.

 Ils ? Lagardère, premier groupe mondial dans les médias et la haute technologie (notamment l’industrie d’armement), Serge Dassault, principal groupe français d’armement, Bouygues, troisième groupe mondial de bâtiment et travaux publics, Axa, premier groupe mondial d’assurances, le baron Edouard de Rothschild, LVMH, premier groupe mondial de l’industrie de luxe, le groupe Bolloré, le groupe Bertelsmann, premier groupe européen de communication et quatrième groupe mondial, le groupe Vivendi…

 
Que font-ils ? Le premier contrôle Europe 1, Le Journal du dimanche, Paris-Match, Elle, Télé 7 jours…, possède 25 % du Parisien, ainsi que des participations au capital du Monde. Le deuxième contrôle Le Figaro, le troisième possède TF 1, LCI et une participation dans le capital du Monde (auquel participe aussi Axa). Rothschild contrôle 38 % de Libération, LVMH possède Les Echos et une part du Monde, Bol­loré contrôle 46 % de l’institut de sondages CSA et 30 % des sociétés Havas et Agis (publicité dans les médias), Bertelsmann contrôle RTL et M6 en compagnie de Suez, Vivendi possède Canal + et I-Télé.


Ajoutons que l’autre grand institut de sondages, IFOP, est propriété de Mme Parisot, présidente du Medef. Et on ne dira rien ici de l’indépendance supposée des médias publics…
 

Question : pourquoi ces multimilliardaires, propriétaires privés de gigantesques moyens de production, feraient-ils de la publicité à ceux qui en appellent à la lutte de classe contre leur système d’exploitation ?

 

Poser la question, c’est y répondre. Il n’en reste pas moins qu’une convention a eu lieu. Que la construction d’un parti est en marche. Et que ce journal Informations ouvrières, tribune libre de la lutte des classes, indépendant de toute subvention de l’Etat et des patrons, lui ouvre naturellement ses colonnes.

 

Daniel Gluckstein

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