Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
l'existence determine la conscience

les nouveaux assassins de Jaures

3 Août 2008 , Rédigé par hans Publié dans #les faux amis

Le 31 juillet dernier à Carmaux, le Parti socialiste a commémoré la mort de Jean Jaurès assassiné en 1914. Un article de la dépêche rend compte de cette journée :Voici des extraits de cet article :

[…]Samuel Cèbe, secrétaire fédéral du parti socialiste tarnais, revient sur le parcours de cet homme d'exception, dont les luttes sont, plus que jamais d'actualité.

Vous célébrez aujourd'hui la mort de Jean Jaurès. Que représente cette date pour les socialistes ?

Cette commémoration est très importante pour l'ensemble des hommes et des femmes qui sont animés des valeurs portées par Jean Jaurès. La lutte sociale, la paix et la justice sont à la base du message socialiste. […] on remarquera que visiblement pour nos socialistes d’aujourd’hui, le socialisme donc la socialisation des moyens des grands moyens de productions et d’échange a disparu

« Évidemment, personne ne peut le remplacer. Il est unique. C'était un intellectuel et un philosophe puissant capable d'anticiper les événements. Lui le premier avait senti la nécessité d'unir les forces de gauche. »

Union des forces de gauche, oui mais sur quel programme ; la privatisation, la défense de l’union européenne, destruction de la République ?

« Justement, il pensait que seule l'unité de la classe ouvrière permettrait le progrès social. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La question de l'unité est fondamentale. Nous attendons le congrès du PS pour nous rassembler sur des points de convergence. Il faut créer des États Généraux pour aborder les questions essentielles qui peuvent créer des points de contacts entre les partisans. Nous traiterons du fond. Le problème des retraites, des conditions de travail et de la sécurité sociale professionnelle touchent l'ensemble des travailleurs.

Quand il est entré en politique, Jaurès était un républicain modéré. Il a ensuite glissé vers le socialisme. Certaines personnes de gauche reprochent au PS de glisser à droite. Les évolutions s'inversent. Qu'en est-il exactement ?

Le PS n'évolue pas au centre. Il est le parti majeur de la gauche et c'est lui qui va unir les forces. Il est absolument hors de question de lorgner au centre, un centre qui soit n'existe pas, soit est clairement de droite.

Le parcours politique de Jaurès est différent. Au départ, républicain, il a pris des engagements profondément laïques. Sa vision de la République est inséparable du socialisme. Ses valeurs sont et restent permanentes. Nous voulons aussi porter une république, la VIème.

Le PS remet-il encore en cause le fonctionnement de la société capitaliste source de guerres et de conflits selon Jaurès ?

Oui, bien sûr. Nous fustigeons les avatars du capitalisme qui génèrent l'instabilité et la précarité sociale. En France, la situation est tendue et la redistribution des richesses ne suffit plus. Il faut s'attaquer à la machine capitaliste. »

Comparez par vous-mêmes les discours de ceux qui se réclament du Socialisme par rapport au discours de Jaurès :

Voici par exemple un texte de Jaurès sur les services publics suite à un accident ferroviaire… Quelle a été la politique des socialistes la dernière fois qu’ils étaient au pouvoir ? Privatisations, ouverture du capital…

 

Lu sur le site du monde diplomatique


« Services publics et classe ouvrière

A la suite d’un accident de la compagnie de chemin de fer Ouest-Etat, nouvellement nationalisée, Jean Jaurès, directeur de L’Humanité, écrit le 19 février 1911  (1) :

Voilà donc que, s’armant des accidents de l’Ouest-Etat, toute la presse capitaliste se rue contre les services publics. Tous les accapareurs, tous les monopoleurs, tous ceux qui, après avoir volé à la nation de magnifiques richesses, voudraient accaparer, monopoliser et voler encore, (...) tous ceux-là voudraient bien persuader la France que l’Etat démocratique est à jamais incapable de gestion industrielle, et qu’il faut laisser à des compagnies privilégiées les richesses déjà usurpées par elles, leur livrer toutes les richesses nouvelles.

Est-ce que le peuple ouvrier et paysan sera dupe de ces manœuvres ? Est-ce qu’il se laissera tromper et dépouiller une fois de plus ? Est-ce que, à l’heure même où partout dans le monde s’accentue la politique de nationalisation et de municipalisation, la France consacrera les prétentions de la féodalité qui la rançonne et qui l’asservit ?

Qu’on dénonce les erreurs de l’Ouest-Etat ; qu’on en recherche la cause ; qu’on projette sur toutes les responsabilités une lumière implacable ; (...) qu’on révèle les fautes de la bureaucratie qui a sans doute construit trop vite un régime nouveau ; qu’on demande des comptes à ceux qui, par complaisance pour la compagnie, ou par la plus coupable négligence, n’ont pas fait procéder à l’inventaire exact qui aurait permis, dans le règlement financier du rachat, de rabattre les prétentions démesurées des actionnaires ; qu’on organise, par une participation plus effective du personnel, du Parlement, du public lui-même représenté par des délégués élus à cet effet, un contrôle plus efficace ; qu’on ne craigne pas de procéder rapidement, au prix de l’effort financier nécessaire, au bon aménagement du réseau.(...)

Les travailleurs de la voie ferrée ont vu juste lorsque l’autre jour ils ont demandé, non seulement que le réseau de l’Ouest-Etat ne fût pas rétrocédé, mais que l’ensemble des réseaux fût nationalisé. Il y a pour la classe ouvrière tout entière un intérêt vital à ce que des services publics démocratiquement gérés se substituent aux monopoles capitalistes et à ce qu’ils fonctionnent excellemment.

D’abord, les travailleurs y peuvent conquérir, pour eux-mêmes, plus de garanties. Dans une démocratie, l’Etat, si bourgeois qu’il soit encore, ne peut pas méconnaître les droits et les intérêts des salariés aussi pleinement et cyniquement que les monopoles privés. (...) Le Parlement a intérêt, pour la transformation de la société capitaliste en société socialiste, à ce que de grands services publics, administrés selon des règles de démocratie et avec une large participation de la classe ouvrière à la direction et au contrôle, fonctionnent puissamment. Les services publics démocratisés peuvent et doivent avoir ce triple effet d’amoindrir la puissance du capitalisme, de donner aux prolétaires plus de garanties et une force plus directe de revendication, et de développer en eux, en retour des garanties conquises, ce zèle du bien public qui est une première forme de la moralité socialiste et la condition même de l’avènement d’un ordre nouveau.

Que les prolétaires défendent donc vigoureusement les services publics contre les campagnes systématiques de la presse bourgeoise, et contre les déceptions que produit dans la classe ouvrière elle-même une première application maladroite et arrogamment bureaucratique du régime de la nationalisation.

Qu’ils ne livrent pas l’Etat aux oligarchies ; mais qu’ils s’efforcent, en élargissant le domaine de l’Etat, d’accroître leur action dans l’Etat et sur I’Etat par le développement de leur organisation syndicale et de leur puissance politique.

Il y a là un élément nécessaire de la politique d’action de vaste et profonde « réalisation » que le Parti socialiste sera tenu de proposer à la démocratie française à mesure que le radicalisme décomposé manifestera son impuissance essentielle.

Jean Jaurès »

 

Je vous laisse réfléchir est ce bien la politique des « socialistes du PS » ou bien ne sont ils pas les nouveaux assassins de Jaurès ?


Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article