L’Union européenne, machine de guerre contre les travailleurs et les peuples
Extrait d’IO N°59 du 13 aout 2009
PAR JEAN-CHARLES MARQUISET
Après le traité de Rome, la CECA, puis le traité de Maastricht, l’Union européenne — sa Commission, son Parlement, sa Cour de justice, toutes ses institutions satellites — s’évertue à détruire tous les acquis collectifs des travailleurs et des peuples conquis dans chaque pays d’Europe.
Aujourd’hui, ce sont les producteurs de fruits et légumes qui sont sommés de rembourser 700 millions d’euros « d’aides » de l’Etat, entre 1992 et 2002, car la Commission européenne estime que cette aide d’Etat a faussé la concurrence sur le marché unique. Demain, d’autres secteurs seront touchés, comme les pêcheurs, qui ont « bénéficié » d’aides au gasoil, alors que le baril était à 145 dollars. Après l’agriculture, la viticulture… L’Union européenne dicte, les gouvernements appliquent et le peuple et les travailleurs trinquent. La Poste doit perdre son monopole pour être transformée en société anonyme. Les bureaux de poste ferment, le courrier doit être ouvert à la concurrence et le statut des postiers liquidé. Encore le fait de trois directives européennes.
La SNCF est ouverte à la concurrence. Le fret, certes, mais aussi le trafic voyageurs avec IDTGV. Encore les directives de l’Union européenne. EDFGDF est dans le même cas. Les services publics d’Etat, hospitaliers et territoriaux, doivent être privatisés, concessionnés, les personnels perdre leurs statuts pour répondre au pacte de stabilité européen. Au nom de la libre concurrence, on liquide l’industrie, on délocalise, on précarise… Encore une fois, au coeur de cela, l’Union européenne.
Il faudrait allonger l’âge de départ à la retraite à 67 ans. Encore l’Union européenne, Chirac et Jospin, en leur temps, ayant signé cet accord à Barcelone. Il faudrait en finir avec les communes, les départements et la République laïque, une et indivisible pour passer du triptyque « commune, département, Etat-nation » au profit de « l’intercommunalité forcée (des territoires), des régions et de l’Europe ». Un objectif de liquidation des nations, des cultures, des droits collectifs, des services publics, de la démocratie… Il faudrait aussi liquider les partis pour y substituer des partis européens, liquider les confédérations syndicales de notre pays au profit de la Confédération européenne des syndicats, qui, après avoir été pour Maastricht, appuie l’Union européenne, sur tous les fronts, pour la mise en place du traité de Lisbonne.
Y aurait-il une autre solution que la rupture avec l’Union européenne ? La majorité des peuples et des travailleurs d’Europe y aspirent.
Le peuple slovaque vient de payer le prix fort avec la mise en place de l’euro. Les exportations ont chuté de 30 %. La production industrielle de 27 %. C’est cela, la politique de la Banque centrale européenne de l’euro fort. Derrière cela, chômage et misère. Voilà l’Europe des 27 ! Rupture avec l’Union européenne ! Union libre des peuples et des travailleurs d’Europe ! C’est ce que nous avons dit un certain 29 mai 2005. Alors que le peuple irlandais a dit non, il faut qu’il revote à son tour.
Plus que jamais, il faut en finir avec les directives, les traités. C’est, certes, une question de souveraineté, mais c’est un combat pour que les travailleurs et les peuples se réapproprient leur destin, se réapproprient leur avenir, celui des générations futures.