lecture : histoire des faits économiques et sociaux
La lecture du livre "Histoire des faits économiques et sociaux" de jean-Pierre Doujon est une lecture indispensable pour tout ceux qui veulent savoir si oui ou non il y a bien un "moteur de l'histoire".Cet enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques de l'Université des sciences sociales de Grenoble analyse, dans ce livre publié une première fois en 1991, les différentes formes de mode de production dans l'histoire de l'humanité. Cette étude en plus de définir les differents modes de production (communautés primitives, mode de production asiatique, germanique, antique, esclavagisme, feodale, capitaliste), donne de bonnes définitions de concepts tels que "forces productives" ou "impérialisme". Par cet étude l'auteur confirme la supériorité de la pensée matérialiste sur la pensée idéaliste. La pensée matérialiste considere en effet que ce sont les rapports de production et les conditions matérielles qui conditionnent les idéologies alors que les idéalistes affirment que l'idée precede la matiere. ce livre se lit tres vite et est particulierement utile à ceux qui veulent saisir la différence entre matérialisme et idéalisme, il permet aussi de mieux comprendre les bases économiques du marxisme. Enfin de part sa lecture matérialiste de l'histoire de l'Humanité, de la préhistoire à la seconde guerre mondiale, il apporte un éclairage vraiment interressant sur ce qui provoque les grandes crises, les mouvements de l'Histoire.
Extraits :
"D’un point de vue général et par opposition à l’idéalisme, nous citerons le principe de base : « l’existence précède la conscience ». En matière historique cela signifie que les idées et les systèmes d’idées ne sont pas à l’origine des processus historiques, ils ne sont que les reflets, dans la pensée, des questions matérielles auxquelles les groupes humains sont confrontés. Plutôt que de reprendre cette définition dans tous ses aspects, nous pouvons utiliser quelques exemples déjà cités. Ainsi chez saint-Simon, nous avons relevé que la Révolution française était analysée comme étant un conflit entre les « aristocrates » et les « industriels du Tiers-Etat ». Ces deux groupes sociaux veulent gouverner, ce qui veut dire qu’ils ont des idées différentes quand a la manière de diriger le pays en général. S’ils ont ces opinions divergentes, c’est en réalité parce qu’ils ont des places différentes dans la société. Les premiers vivent de rentes et d’impôts issus des droits féodaux, qui proviennent de la propriété foncière et de leurs titres seigneuriaux. A l’inverse, les seconds voient leurs activités se heurter à de nombreux obstacles, conséquences du gouvernement des premiers. Ils ont besoin de main-d’œuvre : les paysans sont encore, pour l’essentiel, liés à un territoire ou à un seigneur. Il leur faudrait pouvoir échanger librement leurs marchandises, instaurer une division du travail sur une large base géographique, mais ceci est rendu difficile par les particularismes féodaux, les unités de mesures et de monnaies différentes, les droits de douanes intérieures et d’octrois qui taxent lourdement les biens circulant d’une province à une autre. Entre les besoins de ces deux groupes sociaux, il y a une incompatibilité, qui n’a pas pour origine des idées en tant que telles, mais pour cause profonde une activité différente, qui engendre des besoins économiques et institutionnels différents. Nous avons vu que les opinions sur le Traité de commerce de 1786-1787 provenaient également d’intérêts opposés ; nous avons aussi remarqué que le protestantisme s’était développé parce qu’il correspondait aux besoins économiques de ces classes montantes qui commençaient à se heurter à la féodalité. Le matérialisme généralise cette relation : les idées expriment les activités sociales des hommes, leurs réussites, les problèmes qu’elles posent, les conflits qu’elles suscitent."
Jean-Pierre Doujon définit dans ce livre 4 principes du matérialisme dialectique :
- "Pour comprendre toute chose, il faut l'analyser dans son mouvement, ses transformations.
- "Dans chaque ensemble il faut saisir toutes les relations entre les différents éléments qui le constituent.
- "Comme conséquences des mouvements internes de transformation et des relations entre les éléments constituants, se revelent des contradictions"
- "Ces contradictions, qui sont le resultat d'une transformation n'affectant pas la nature de l'ensemble considéré, vont se denouer, se resoudre dans sa disparition et la formation d'un ensemble nouveau, différent."
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
H