edito info ouvrieres du 29 aout 07
Economies ?
La question fondamentale de toute la situation est l’attitude à l’égard de l’Union européenne.
Quel que soit le problème posé, il ramène aux institutions de l’Union européenne. Y rester ou en sortir : telle est l’alternative.
Le Conseil des ministres du 24 août a confirmé l’instauration d’une franchise « médicale » soumise au vote du Parlement avant la fin de l’année.
A ce propos, le ministre Bachelot a déclaré : « Quelle est la personne qui ne peut pas payer 4 euros par mois… ? »
Mais bien sûr, madame le Ministre…, qu’est-ce que 4?euros par mois ? Qu’est-ce que des augmentations de 15 % du prix des pommes de terre, de 10 à 15 % du prix des pâtes, de 5 % du prix du pain, de 5 à 10 % du prix du poulet, de 4 à 5 % du prix des produits laitiers, de 7 % des transports en commun, de 3 % des loyers, de 2,4 % des fournitures pour la rentrée scolaire, de 1,1 % de l’électricité… (1) ?
Quelques euros ici, quelques dizaines de centimes là, tous ces petits « riens » finissent par faire beaucoup (2) !
Qui décide cela ?
N’est-ce pas l’Union européenne qui, au nom du pacte de stabilité, ordonne ces attaques incessantes contre la Sécurité sociale ? N’est-ce pas la Banque centrale européenne qui, au nom de la « lutte contre l’inflation », dicte réduction des dépenses publiques et blocage des salaires des travailleurs accablés sous le poids de dépenses toujours plus lourdes ?
N’est-ce pas la même Banque centrale européenne qui vient d’injecter 250 milliards d’euros pour renflouer les spéculateurs (après le krach de l’immobilier aux Etats-Unis) ?
Qu’on ne nous parle pas « d’économies ». C’est de lutte des classes qu’il s’agit.
Il y a une classe capitaliste — dont l’Union européenne et le gouvernement Sarkozy-Fillon sont les instruments. C’est elle qui pille la Sécurité sociale (200 milliards d’euros d’exonérations en 16 ans). C’est elle qui réduit à la misère des millions de travailleurs, de chômeurs, de retraités, de jeunes…
C’est elle qui, à travers l’Union européenne, applique les directives des multinationales américaines et de la Réserve fédérale.
Et il y a une classe ouvrière, qui a conquis la Sécurité sociale en 1945. Et qui ne peut accepter de voir détruire cette formidable conquête de civilisation.
Voilà pourquoi les 4 euros de Mme Bachelot ne sont pas acceptables. Ni 3, ni 2, ni même 1 euro.
Les travailleurs sont en droit d’exiger : qu’on nous rende les 200 milliards d’exonérations de la Sécurité sociale.
Aucune concession, si minime soit-elle, ne peut être faite aux destructeurs de la Sécurité sociale.
Aucune concession, si minime soit-elle, ne peut être faite aux institutions de l’Union européenne.
Qui refuse de sortir de l’Union européenne renonce à défendre la classe ouvrière et ses conquêtes.
Qui défend la classe ouvrière et ses conquêtes doit dire clairement : sortons de l’Union européenne.
C’est sur cette base que le comité provisoire pour un parti ouvrier indépendant a lancé un appel pour « l’unité contre les franchises, contre la TVA sociale, pour le retour à la Sécurité sociale de 1945 ».
Vous êtes plus de 8 000 à avoir signé cet appel en juillet et en août.
A l’heure où le gouvernement confirme ses menaces, il n’est qu’une réponse : constituons dans tout le pays des comités pour un parti ouvrier, multiplions les piquets de diffusion pour la signature en masse de cet appel.
Un seul mot d’ordre : non à la destruction de la Sécurité sociale, unité pour la sauver, unité contre les franchises, dehors, dehors l’Union européenne et ses institutions meurtrières.
Daniel Gluckstein