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l'existence determine la conscience

une histoire populaire des Etats-Unis

12 Septembre 2007 , Rédigé par hans Publié dans #Etats Unis

   

Aujourd’hui, j’ai l’intention de vous donner envie de lire un livre ! Il s’agit « d’une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours ». Ce livre écrit par un universitaire américain, Howard Zinn, retrace l’Histoire des Etats-Unis du coté des exploités, des esclaves, des pauvres… Autant dire que la lecture de cet ouvrage remet en cause plusieurs mythes historiques enseignés dans les écoles, ainsi que nombres de préjugés et a priori que nous avons tous. Howard Zinn dévoile des pans entier d’histoire oubliés ou plutôt caché. Tueries, massacres de travailleurs, grèves, manifestations, répression… l’Histoire des Etats-Unis est un exemple frappant et brutal de lutte entre exploiteurs et exploités. Peut être encore plus qu’ailleurs, la bourgeoisie y est violente et prête à tout pour maintenir les masses sous sa domination !!!

    Cette lecture est instructive, ne serait-ce que pour son intérêt historique et pour les militants que nous sommes, elle est riche de leçons politiques. On mesure à quel point la lutte des classes est le moteur de l’histoire, à quoi sert un Etat, une police, on saisit l’importance du communautarisme et du racisme dans la lutte contre les travailleurs… Ce livre est également une véritable leçon d’esprit critique vis à vis des mythes, de l’Histoire officielle.

Le plus simple reste encore de vous faire lire quelques extraits de ce livre :

 

Sur l’indépendance des 13 colonies :

« Depuis la révolte de Bacon, en 1760, les colonies avaient été le théâtre de dix-huit soulèvements destinés à en renverser les gouvernements, de six révoltes d’esclaves et d’une quarantaine d’émeutes de toute nature.
« C’est également à cette époque, selon Jack Greene, qu’apparaissent « des élites politiques et sociales à la fois stables cohérentes, efficaces et reconnues comme telles ». Ces élites locales entrevirent immédiatement la possibilité de détourner la plus grande part de cet esprit de révolte contre l’Angleterre et son administration locale. Il ne s’agissait pas à proprement parler d’une conspiration organisée mais de la somme de divers choix tactiques ».

1837 dans l’Etat de New York :

            « A quatre heures, plusieurs milliers de personnes ont convergés vers le parvis de l’Hôtel de ville. L’un des orateurs a expressément dirigé la vindicte populaire contre Eli Hart, un des plus gros négociants de farine. La plupart des gens se sont dirigés contre les entrepôts de Hart. Après avoir forcé la porte principale, ils ont sorti vingt ou trente barils de farine dans la rue et les ont ouverts. […]

« On pouvait voir de nombreuses femmes qui remplissaient boîtes, paniers et même leur tablier avant de s’enfuir. La nuit était à présent tombée sur cette scène mais le travail de destruction ne cessa que lorsque d’importants corps de police se présentèrent, rapidement suivis par des détachements de l’armée. »

 

Pendant la guerre de sécession :

            « La guerre [de sécession] imposa l’embauche d’un grand nombre de femmes dans les boutiques et dans les ateliers malgré la réticence des hommes, qui considéraient que cela entraînait la baisse du salaire moyen. A New York, des jeunes femmes fabriquaient des parapluies de six heures du matin jusqu’à minuit pour trois malheureux dollars hebdomadaires.

 « D’autres […] gagnaient 24 cents pour des journées de douze heures. A la fin de 1863, les travailleuses new-yorkaises fondèrent le Working Women’s Protective Union. Il y eut une grève des ouvrières du parapluie  à New York et à Brooklyn. A Providence, on forma le Ladies Cigare Markers Union. En 1864, il y avait en tout cent mille travailleurs syndiqués, femmes et hommes, qui constituaient même des fédérations nationales dans certains secteurs et publiaient des journaux. »

« Les troupes de l’Union furent employées pour briser les grèves. Des soldats furent même dépêchés à Cold Springs pour mettre fin à la grève des salariés d’une armurerie qui exigeaient des hausses de salaires. A Saint Louis, les mécaniciens et les ouvriers de la confection en grève durent reprendre le travail sous la menace des armes ».

« Au Tennessee, un général unioniste fit arrêter et déporté hors de l’Etat deux cents manœuvres en grève. Lorsque les techniciens des chemins de fer du Reading Railroad se mirent à leur tour en grève, l’armée brisa la grève, comme elle le fit pour la grève du comté de Tioga (Pennsylvanie). »

 

Pendant la première guerre mondiale :

            « En juin 1917, le Congrès vota la loi contre l’espionnage, ratifiée ensuite par Wilson. Son intitulé pouvait laisser penser qu’il s’agissait d’une loi contre l’acte même d’espionnage […] mais cette loi permit de mettre en prison les Américains qui prenaient position, oralement ou par écrit, contre la guerre.
« Deux mois après le vote de cette loi, Charles Schenck était arrêté à Philadelphie pour avoir imprimé et distribué quinze mille tracts qui dénonçaient la loi sur la conscription et la guerre. […] Il fut inculpé, jugé et condamné à six mois d’emprisonnement (il apparaîtra que cette peine fut l’une des plus faibles appliquée dans ce genre de cas) […] Soit dit en passant, cette loi sur l’espionnage, fait toujours partie de notre code législatif ».

 

Pendant la seconde guerre Mondiale.

    « Après l’attaque de Pearl Harbor, une hystérie antijaponaise éclata au sein du gouvernement. Un membre du Congrès déclara même : « Je suis pour qu’on se saisisse de tous les Japonais en Amérique, de l’Alaska à Hawaii, et qu’on les mette dans des camps de concentration. Qu’ils aillent au diable, qu’on s’en débarrasse ! ».

    « Roosevelt ne partageait pas cette hystérie, mais il signa tranquillement le décret exécutif 9066, en février 1942, donnant à l’armée le pouvoir d’arrêter sans mandat, convocation, ou même investigation, tous les Américains d’origine japonaise de la côte Ouest- cent dix mille hommes, femmes et enfants- de les expulser de chez eux, de les regrouper dans des camps au plus profond des Etats-Unis, et de les garder là dans des conditions de captivité ».

« Les trois quarts d’entre eux étaient des citoyens américains, les autres étant nés au Japon ne pouvaient devenir citoyens américains. En 1944, la cour suprême justifia cette opération armée par les exigences de la guerre. Les Japonais restèrent dans ces camps un peu plus de trois ans.

 

 Pendant la guerre du Vietnam :

    « En 1970, les rassemblements pour la paix qui se tenaient à Washington rassemblaient des centaines de milliers de personnes. En 1971, vingt mille individus se rendirent à Washington pour exprimer leur indignation devant la poursuite des violences au Vietnam et essayèrent de bloquer le trafic routier. Quatorze mille d’entre eux furent interpellés au cours de qui restera comme la plus grande arrestation de l’histoire américaine. »

 

Sur le racisme aux Etats-Unis :

    « Le simple fait qu’on ait dû, finalement, édicter des lois interdisant de tels contacts démontre suffisamment ce fait […] En 1691, la Virginie se déclare en faveur du bannissement « de tout individu blanc- homme ou femme - qui, étant libre, se sera marié avec un nègre, un mulâtre ou un indien, homme ou femme, libre ou non » […] Les comptes rendus de justice de la colonie de Virginie font état, en 1630, d’un blanc qui fut condamné à « être vigoureusement fouetté pour s’être abandonné à souiller son intégrité corporelle en couchant avec une noire » ».
On comprend mieux pourquoi l’Etat, à travers la force de la loi et de la justice, tentait de monter les blancs contre les noirs à la vision des luttes qu’ils ont menées ensemble. « Une seule chose, dans les nouvelles colonies américaines, effrayait plus encore que les soulèvements noirs : la possibilité que certains blancs mécontents se joignent alors aux esclaves pour renverser l’ordre établi » .

    «En 1676, […] la Virginie fut confrontée à une rébellion déclenchée par des Blancs vivant sur la frontière qui furent rejoints plus tard par des esclaves et des serviteurs sous contrat. Une révolte si menaçante que le gouverneur fut contraint de fuir Jamestown, la capitale incendiée, et que l’Angleterre décida d’envoyer un millier de soldats outre-atlantique dans l’espoir de maintenir l’ordre au sein de cette communauté d’environ quarante mille colons ».

 

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M
Merci pour cette piste de lecture. Ton speach donne envie de le dévorer rapidement. Chapeau !<br />  
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