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l'existence determine la conscience

Aucune hésitation n'est possible

14 Septembre 2007 , Rédigé par information ouvriere Publié dans #Retraites

N° 811 - L'éditorial du 13 septembre




Selon le gouvernement, la remise en cause des régimes spéciaux de retraite serait juste et nécessaire.  
 

Juste, puisque liquidant les « privilèges » d'une minorité de salariés.
 

Nécessaire, du fait de l'augmentation du nombre de re-traités et la diminution du nombre d'actifs.
 

La vérité est tout autre. Nous le démontrons dans ce journal (lire pages 2 et 3).
_Il n'y a pas de déficit des régimes spéciaux, sauf celui provoqué par la privatisation d'EDF-GDF, de la RATP, de la SNCF...
_La liquidation des régimes spéciaux serait suivie, im-médiatement, d'autres mesures déjà annoncées : la liquidation du régime de retraite des fonctionnaires et l'allongement (à 41, 42, 43...) du nombre d'annuités nécessaires pour le départ à la retraite à taux plein, public et privé.
 

Alors, à qui profite le crime ?
 

Qui exige la privatisation-destruction de tous les services publics, et, pour cela, le démantèlement des régimes spéciaux ?
 

Qui exige la liquidation du régime des fonctionnaires, au nom de la réduction des dépenses de l'Etat ?
 

Qui pousse à allonger le plus possible le nombre d'annuités pour un départ à taux plein, afin d'ouvrir la voie aux re-traites par capitalisation ?
 

Qui pousse au démantèlement de la Sécurité sociale pour la livrer à la spéculation ?
 

Qui, sinon la classe capitaliste, utilisant tous les ressorts du traité de Maastricht et des directives européennes (lire page 2) ?
 

On ose nous parler de « privilèges » ?
 

Après l'éclatement de la bulle spéculative de l'immobilier, les pertes des fonds spéculatifs sont évaluées à plus de 1 000 milliards d'euros (1) !
 

Que l'on compare ce chiffre _ ou celui des 200 milliards d'euros d'exonérations de cotisations patronales à la Sécurité sociale, ou celui des plus de 300 milliards d'euros offerts par la Banque centrale européenne en quelques jours aux spéculateurs _ ... aux malheureux 6 milliards d'euros que représente, selon les estimations officielles, le prétendu « déficit » cumulé des régimes de retraite d'EDF-GDF, de la SNCF, de la RATP, des mineurs, des marins, etc. (2) !
 

C'est de profit et de spéculation qu'il s'agit, et de rien d'autre.
 

Sarkozy ne s'en est pas caché, déclarant : « La croissance, je ne l'attendrai pas, j'irai la chercher (...). J'irai encore plus loin dans l'allégement du coût du travail » (3).
 

C'est donc bien de lutte des classes qu'il s'agit.
 

Quant aux bonnes âmes qui prêchent la destruction des régimes spéciaux au nom de... « l'équité », nous leur rappellerons ce fait, détaillé dans nos colonnes (lire pages 2 et 3) : avant les mesures Balladur de 1993, tous les travailleurs, du public comme du privé, partaient à la retraite à taux plein après 150 trimestres (37,5 annuités) de cotisation.
Qui a brisé cette unité, sinon les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, soumis aux ordres de Bruxelles et de Washington ? Et cela continue...
 

« La réforme est donc nécessaire, mais elle doit être négociée et construite avec les partenaires sociaux », déclare Benoît Hamon, porte-parole du PS (4). Pour son camarade Manuel Valls, « c'est une question de justice » (5). « Toute précipitation serait contraire à l'idée même de la réforme, la négociation devrait être la règle », insiste François Hollande (6).
 

Bref, tout serait affaire de méthode ? Sur le fond, le consensus serait acquis ? Tous et chacun, dans ce pays, seraient disposés à obéir au doigt et à l'oeil aux ordres de l'Union européenne et de sa très meurtrière Banque centrale ?
 

A voir...
 

Pour notre part, avec l'immense majorité des travailleurs de ce pays, nous persistons et signons : 37,5 annuités pour tous, public-privé, pour une retraite à taux plein !
 

C'est la seule position ouvrière d'unité.
 

N'est-ce pas la base d'un authentique parti ouvrier indépendant ?
 

Disons-le : aucune hésitation n'est possible, aucune division n'est possible.
Unité public-privé pour le retour aux 37,5 annuités (150 trimestres) pour tous, pour un départ à la retraite à taux plein : là est l'issue.
 

Daniel Gluckstein

 

(1) Estimation de la banque Barclays, citée par Le Monde, 8 septembre 2007. 
 

(2) AFP, 10 septembre. 
 

(3) Le Monde, 7 septembre. 
 

(4) Dernières Nouvelles d'Alsace, 10 septembre. (5) AFP, 10 septembre. 
(6) AFP, 10 septembre.


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