Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
l'existence determine la conscience

La troisième crise, la vraie

8 Février 2010 , Rédigé par hans Publié dans #économie

Voici un extrait des echos sur la situation economique et politique a venir.

"La chronique d’Eric Le Boucher

 

La troisième crise, la vraie

 

Après la crise financière, puis la crise économique, s’ouvre la vraie crise : la crise politique. Elle a commencé en Irlande, la voilà en Grèce et dans le Massachusetts. Elle met les gouvernements entre deux feux, celui de marchés financiers, créditeurs des Etats, et celui des opinions publiques, à qui on demande maintenant de « payer » pour les pots cassés par ces mêmes marchés. L’issue de cette crise est aujourd’hui totalement incertaine.

Pour éviter le scénario de 1929, la Grande Dépression, les gouvernements ont adopté des plans de relance qui ont creusé les déficits (de 8 à 10% du PIB). Parallèlement, les autorités ont sauvé les banques en injectant des capitaux, rachetant des actifs « pourris » et garantissant les dépôts, pour des totaux encore supérieurs, selon le Financial Times : 182 milliards en France, 669 en Allemagne, 1 476 en Grande-Bretagne, 2 683 milliards aux Etats-Unis. Cette politique a réussi, comme l’ont souligné le G20, le FMI, l’OCDE (…). Mais va venir le moment de faire machine arrière, d’installer la rigueur et de rembourser les dettes accumulées.

(…) Quelle sera l’ampleur des « ajustements » ? Considérable. (…)

Quelles solutions ? Il y en a trois. La première est la croissance. Après la guerre, elle avait permis aux Etats-Unis de rembourser une dette qui avoisinait alors les 300% du PIB. En revanche, ni en France, ni en Grande-Bretagne ce remède n’avait suffi. (…) Et puis la croissance devrait être molle durant toute la décennie aux Etats-Unis comme en Europe.

Deux : l’inflation. Le débat divise les économistes. Pour une moitié, la cause est entendue : l’aide aux banques, qui revient à faire tourner la planche à billets, va conduire à une hyperinflation comme dans les années 1970, et c’est le moyen le plus simple de ne pas rembourser les créditeurs. Pour une autre moitié, ce schéma est impossible tant que le chômage touche 10% des populations et tant que la Chine pèse sur les prix, ce qui va durer.

Reste la solution trois : « ajustement », coupes drastiques dans les dépenses publiques et/ou hausses des impôts. C’est là qu’est le danger politique. En Grèce, une majorité comprend que le pays doit accepter la rigueur, mais les opposants plaident que : « quand même ! ce sont les golden boys qui ont failli et qui nous ont mis aux chômage et voilà maintenant qu’ils exigent de réduire la protection sociale. Tout ça pour leurs bonus ! ». On saura le 10 février, lors d’une grande manifestation à Athènes, l’écho de ce discours. Mais il faut mesurer qu’il va devenir populaire pour une raison claire : il sonne juste. Les citoyens, pas seulement en Grèce, ont le sentiment que les gouvernements ont versé des milliers de milliards aux banques (…) et que maintenant on leur présente la note !

(…) entre les exigences des marchés et la colère des opinions publiques, les gouvernements vont devoir naviguer très serré. Le secteur financier, en particulier la banque n’en sortira pas indemne. Il est délégitimé. Au fur et à mesure que le couperet de la rigueur va se faire sentir, la plainte populaire va obliger les politiques à faire subir aux banques un « contre-ajustement » douloureux. (…) La crise politique ne peut que s’amplifier."

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article