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l'existence determine la conscience

Le “déficit” des retraites vient-il de l’augmentation de l’espérance de vie ?

31 Janvier 2010 , Rédigé par hans Publié dans #Retraites

Le mouvement d’allongement de la durée de vie s’est brusquement ralenti, voire même inversé. Et le prétendu déficit n’est rien comparé aux exonérations de cotisations dont bénéficient les patrons.

Si les travailleurs vivent plus longtemps qu’il y a soixante ans, c’est précisément parce la Sécurité sociale existe et que, en particulier, ils ne sont plus obligés de s’user au travail jusqu’à la mort. Voudrait-on nous renvoyer un siècle en arrière ?

En 1901, l’espérance de vie était de 45 ans pour les hommes et de 48 ans pour les femmes.

En 1910, le gouvernement et le patronat voulaient faire passer la loi sur les retraites ouvrières et paysannes, qui prévoyait le financement, par capitalisation, d’une retraite à 65 ans. La CGT dénonçait le projet en indiquant que sur 10 millions de salariés, seulement 600 000 étaient encore vivants à 65 ans. La retraite à 65 ans... C’était une manière radicale d’équilibrer à l’avance ce système de « retraite des morts ».

En 1950, cinq ans après la création de la Sécurité sociale, l’espérance de vie avait progressé à 63,4 ans pour les hommes et à 69,2 ans pour les femmes. Elle est aujourd’hui (chiffres 2009) respectivement de 77,8 ans et de 84,5 ans. Ce dernier chiffre est à peine supérieur à celui de 2007 (84,4 ans), du fait d’une baisse en 2008 (à 84,3 ans). « L’espérance de vie cesse d’augmenter ces derniers temps. Par le passé, les femmes gagnaient en moyenne trois mois par an d’espérance de vie. Ce n’est plus le cas », notait un responsable de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) l’an dernier (1).

N’est-ce pas là le produit de la dégradation du système hospitalier et de l’accès aux soins en général ? Un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites accélérerait encore le phénomène.

Mais il y a aujourd’hui un « déficit », nous dit-on. « 10 % des retraites ne sont pas financièrement assumées », a martelé Nicolas Sarkozy, le 25 janvier, sur TF 1.

Quel « déficit » ? 10 milliards d’euros de déficit prévus en 2010, c’est trois fois moins que les exonérations de cotisations sociales dont a bénéficié le patronat en 2008 (30,7 milliards) !

De 1992 et 2008, ces exonérations patronales totalisent 256,3 milliards d’euros.

Aujourd’hui, sur 5 euros de cotisation, les patrons n’en paient plus que 4 en moyenne, soit un abattement de 20 % (en fait, bien plus pour les salaires au niveau du Smic) !

Et il serait juste, « équitable », de demander aux travailleurs de nouveaux sacrifices ?

 

 ne-touchez-pas-a-nos-retraites.jpg

 

 

Cet article est extrait du Journal Informations Ouvrières n°82

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L
<br /> Un point en complément de cet article :<br /> <br /> L'argument de l'augmentation de l'espérance de vie est souvent cité lorsqu'on parle de l'âge de départ à la retraite. Il est vrai qu'un âge de départ à la retraite à 60 ans et une espérance de vie<br /> à 80 ans, ça pourrait faire réfléchir.<br /> <br /> Mais personne ne parle de l'espérance de vie en bonne santé. Elle est pourtant interressante, puisqu'elle est, elle de 63 ans !<br /> <br />  Départ à la retraite à 60 ans, espérance de vie en bonne santé à 63 ans, ça n'a rien de scandaleux ni d'injustifiable. Au contraire...<br /> <br />  Plus de détail à ce sujet sur mon blog<br /> <br /> <br />
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H
<br /> merci pour cette precision<br /> <br /> <br />