Le capital, l’union européenne et la destruction des emplois
Le Monde sur Internet le 1er octobre
La libéralisation totale du courrier prévue pour 2011 en France
« Les pays européens ont trouvé "un accord politique", lundi 1er octobre, au Luxembourg pour ouvrir à la concurrence le courrier postal ordinaire, a annoncé la présidence portugaise de l'Union européenne. Le dernier monopole de l'industrie postale, laissé aux opérateurs nationaux depuis le 1er janvier 2006, sera ouvert le 1er janvier 2011, soit deux ans plus tard que ne le souhaitait la Commission européenne, qui avait proposé 2009.
Un compromis a été trouvé dans deux cas particuliers pour assurer un "service universel" du courrier. L'accord prévoit que tous les citoyens, y compris dans les points les plus reculés du territoire des Etats, doivent pouvoir continuer à recevoir et à envoyer du courrier au moins cinq jours sur sept à un prix abordable. Pour ce faire, le financement sera assuré par des contributions à un fonds dédié à ce service.
88 MILLIARDS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES PAR AN
Première exception, neuf des douze nouveaux Etats membres entrés dans l'UE depuis 2004 disposeront de deux ans supplémentaires, jusqu'au 31 décembre 2012, pour libéraliser totalement leurs services postaux. Une autre clause prévoit aux Etats qui ont une faible population, une faible taille (comme le Luxembourg), ou encore une topographie particulièrement difficile (notamment ceux composés de multiples îles, comme la Grèce) de jouir de la même dérogation de deux ans. Au total, douze pays bénéficieront d'un report.
De nombreux pays, y compris la France, ont tenté de ralentir l'ouverture à la concurrence, pour laquelle les négociations ont débuté il y a près de quinze ans. D'autres pays, dont la Suède, ont déjà libéralisé complètement ce secteur, tandis que l'Allemagne et les Pays-Bas en feront de même dès le 1er janvier 2008.
Après son adoption par les ministres, le projet de loi devra encore être validé par le Parlement. Cette étape ne devrait cependant pas poser de problème, le compromis entériné par les ministres s'étant largement inspiré des recommandations des eurodéputés. L'industrie postale européenne génère 88 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. »
La tribune.fr du 1er octobre 2007
Coup de froid en septembre sur l'activité industrielle européenne
"Selon les indices des directeurs d'achat, la croissance dans le secteur manufacturier a ralenti dans plusieurs grands pays européens. En France comme en Allemagne, les nouvelles commandes sont en repli.
L'indice des directeurs d'achat (PMI) du secteur manufacturier dans la zone euro s'est établi à 53,2 points en septembre, contre 54,3 points en août, atteignant un plus bas depuis novembre 2005, selon des données publiées ce lundi.
En France, la croissance dans le secteur manufacturier a enregistré un nouveau ralentissement en septembre pour revenir à son plus bas niveau depuis mai 2005, selon les résultats de l'enquête NTC-CDAF auprès des directeurs d'achat. L'indice désaisonnalisé des directeurs d'achat (IDA) s'est établi à 50,5 en septembre, après 52,5 en août, se rapprochant du seuil de 50 dont le franchissement à la baisse marque une contraction de l'activité, et touchant un plus bas de vingt-huit mois.
"Le repli de l'IDA résulte de la baisse du nombre de nouvelles commandes et de la réduction des stocks des achats, tandis que la production et le volume des effectifs augmentent à un taux plus lent" que le mois précédent, explique la Compagnie des directeurs d'achat (CDAF) dans un communiqué.
" La situation des entreprises manufacturières françaises se détériore à la fin du troisième trimestre, selon les derniers résultats de l'enquête IDA. Les carnets des nouvelles commandes diminuent pour la première fois depuis plus de deux ans, ce qui reflète la faiblesse de la demande tant sur le marché national que sur ceux à l'exportation, la force de l'euro continuant de peser sur la compétitivité des entreprises", prévient Jack Kennedy, économiste à NTC Economics.
"Parallèlement au déclin des nouvelles commandes, l'affaiblissement du taux de création d'emplois ainsi que la diminution du volume du travail en cours et des stocks des achats annoncent de sombres perspectives de croissance pour la production des douze prochains mois", ajoute-t-il. "Dans ces conditions, le surprenant rebond affiché par les données officielles relatives à la production industrielle ne semble que provisoire et il semble probable que la parution des prochaines données de l'Insee marqueront un retour à la faible tendance sous-jacente de l'industrie manufacturière française", estime Jack Kennedy.
En Allemagne aussi, le secteur manufacturier a crû en septembre à son rythme le plus faible depuis décembre 2005, la progression des commandes enregistrant sa hausse la plus modérée en deux ans, selon l'indice d'activité NTC-BME. Cet indice est ressorti à 54,9 contre 56 en août. Le sous-indice de la production a progressé à 58,3 contre 58,1 le mois précédent et celui des nouvelles commandes a glissé à 53,4 contre 57,2 (révisé de 58,1), à un plus bas de deux ans.
La composante emploi s'est néanmoins inscrite en hausse à 54,9 contre 53,8 en août. Les prix payés sont ressortis au plus bas depuis septembre 2005, à 58,3 contre 61,3. Le rythme de croissance de l'indice général a ralenti pour le troisième mois consécutif.
Une évolution comparable est enregistrée pour les secteurs manufacturiers italien et britannique."
Petit rappel du 21 septembre 2007
"La chute du dollar risque de ralentir la croissance en Europe : elle érode la compétitivité des entreprises de la zone euro sur les marchés américains et asiatiques. Hier, le président Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois critiqué l'inaction de la BCE et l'a exhortée à s'inspirer de la Réserve fédérale qui vient de baisser ses taux. Les entreprises qui travaillent en dollars s'inquiètent. " Quand l'euro s'apprécie de 10 centimes, Airbus perd un milliard ", rappelle EADS."