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l'existence determine la conscience

Subprimes : vers une crise de plus en plus profonde

3 Janvier 2008 , Rédigé par hans Publié dans #économie

Voici deux articles ; une dépêche de Reuters et un article du Monde du 2 janvier 2008, nous montrant très clairement que la crise des subprimes est loin d’être terminée. Nous allons, en 2008, encore payer  les contradictions et les ravages du capitalisme…

 

"L'or a dépassé son précédent record de 1980 à 850 dollars

 jeu. janv. 3, 2008 7:57 CST135


LONDRES (Reuters) - Les cours de l'or ont atteint un record historique mercredi en franchissant le niveau de 850 dollars l'once, jouant son rôle de valeur refuge face à la flambée des cours du pétrole, à la baisse du dollar et aux tensions sur le plan diplomatique.

L'or spot a atteint le record de 861,10 dollars l'once à Londres, dépassant ainsi son précédent sommet de 850 dollars touché en janvier 1980 au fixing à Londres.

Aux États-Unis sur le Comex, l'or pour livraison février a fini en hausse de 22 dollars ou 2,6% à 860 dollars l'once après avoir touché le niveau de 864,90 dollars.

L'or a joué son rôle de valeur refuge à la fois face à la baisse du dollar, au repli de Wall Street et aux incertitudes économiques.

"Le marché veut plus de précisions sur l'état de l'économie américaine", explique Phylis Papadavid, chez SocGen.

"L'or agit comme un thermomètre de la fièvre économique. Et il indique clairement qu'il y a encore des troubles financiers à l'horizon", explique Greg Orrell, gérant chez OCM Gold Fund à Livermore, en Californie.

L'or a gagné plus de 30% en 2007, son gain annuel le plus important depuis 1979.

Version française Danielle Rouquié"

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"Philippe d'Arvisenet : "Je ne crois pas qu'on ait vu toutes les conséquences de la correction immobilière"

Philippe d'Arvisenet, chef économiste chez BNP Paribas, estime que les conséquences de la crise des subprimes ont été "sous-estimées". Pour lui, la méfiance s'est installée sur les marchés, ce qui explique leur forte volatilité.

On pensait que la crise des subprimes était terminée, mais les marchés se montrent très volatiles. Pourquoi ?

immobilier-bulle.jpgIl y a eu une mauvaise prise en compte de la réalité aux Etats-Unis. Les crédits hypothécaires à risques, que sont les "subprimes", représentent 13 % des crédits hypothécaires aux Etats-Unis. Dans les deux-tiers des cas, ils incluent une clause qui prévoit que ces crédits sont à taux fixes pendant deux ans et après ils deviennent flexibles. Etant donné que la distribution de ces crédits aux ménages a commencé en 2004, les variations de taux sont de plus en plus fréquentes depuis quelques mois. Les ménages ayant souscrit ces crédits ne sont pas tous solvables. Du coup, beaucoup d'entre eux vont voir leur pouvoir d'achat diminuer.

Il faut préciser que la correction immobilière a commencé au printemps 2006 : les ventes se sont "couchées" et les stocks ont augmenté. Les demandes de permis de construire ont baissé de 30 % par rapport à l'année dernière et de 50 % par rapport à il y a deux ans. Péchant par optimisme, les Américains n'ont pas pris au sérieux la crise immobilière qui se préparait dans leur pays.

Tous ces effets rendent le marché volatile, car, dorénavant, c'est l'incertitude qui prime. Incertitude renforcée par des statistiques contradictoires. Par exemple, la semaine du 29 octobre étaient annoncés une croissance soutenue au troisième trimestre aux Etats-Unis et de bons chiffres de l'emploi. Mais la Fed (Réserve fédérale américaine) a toute de même décidé de baisser ses taux, ce qui montre l'inquiétude de la part de l'institution financière concernant l'économie américaine. Ces indications contradictoires, combinées à la crise financière de l'été, expliquent ainsi les fluctuations rapides des marchés.

Cette crise va-t-elle se répercuter sur l'économie réelle et sur la France ?

Aux Etats-Unis, les prochains trimestres ne devraient pas être aussi bons que les deuxième et troisième. D'ailleurs, la confiance des ménages commence à baisser. Je ne crois pas qu'on ait vu toutes les conséquences de la correction immobilière : le secteur de la construction devrait en pâtir dans els prochains mois, avec des licenciements à la clé.

le secteur financier a annoncé des licenciements massifs. De plus les conditions de crédits se durcissent. La crise financière a conduit à une méfiance de la part des banques vis-à-vis des clients et entre elles. Les banques hésitent à se prêter entre elles et les taux inter-bancaires ont rarement été aussi élevés.

joe-shopping-md-wht.gifEn outre, cette crise a affecté le dollar à la baisse. Je ne dis pas que le dollar n'aurait pas baissé, mais il aurait certainement baissé moins vite sans cette crise. Dès lors, le niveau de l'euro est élevé. Même si cela profite à ceux qui achètent des produits aux Etats-Unis ou du pétrole, ce n'est pas bon pour les exportations européennes. En outre, les consommateurs européens pâtissent du niveau de plus en plus élevé des prix alimentaires et des prix de l'énergie. Le climat de méfiance engendré par la crise s'est notamment répercuté sur ces prix.

Je crois donc qu'il est illusoire de penser qu'on ne va pas hériter du ralentissement économique outre-atlantique.

Est-ce une crise transitoire ou de long terme ?

On savait que cette crise allait arriver. L'avantage c'est que les révisions de taux de subprimes [quand un ménage souscrit un crédit subprime, les taux sont fixes pendant deux ans, puis révisés] devraient être terminées à l'automne 2008. Depuis la crise de l'été, ces crédits hypothécaires à risque ne sont plus distribués, ce qui amène à penser qu'à terme, ils devraient disparaître. Ce n'est donc pas une crise de long terme, même si ses conséquences restent sous-estimées.

 
Propos recueillis par Julie Schneider"

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