Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
l'existence determine la conscience

L'éditorial d’Informations Ouvrières du 4 janvier 2008 - Deux actes et un épilogue

3 Janvier 2008 , Rédigé par hans Publié dans #Corporatisme et intégration des syndicats

IOsemaine-copie-2.jpgLa pièce s’est déroulée en deux actes et un épilogue. Acte I : le 19 décembre, se tient la « conférence sociale » convoquée par Sarkozy.?Le président y expose son plan de contre-réformes pour 2008, toutes découlant des injonctions de l’Union européenne. 

Après quoi, les dirigeants des confédérations syndicales et les représentants patronaux qui participent à cette « conférence sociale » (aux côtés des membres du gouvernement) expriment leur opinion.

 
Acte II : le 21 décembre, Sarkozy adresse une lettre aux dirigeants des confédérations syndicales et à ceux du patronat, où il souligne que la conférence du 19 décembre « est une première dans notre pays », puisqu’« elle nous a permis d’identifier ensemble, Etat, syndicats et patronat, les principaux thèmes à l’ordre du jour de l’agenda 2008 », et que, « pour chacun de ces thèmes, nous avons défini un calendrier et une méthode de travail ».

Epilogue : adressant ses vœux au pays le 31 décembre, Sarkozy vante le bilan de ses huit premiers mois de prési­dence : « J’ai fait tout ce que je pensais possible de faire en tenant compte de l’exigence du dialogue social et de la négociation » ; puis il égrène la liste des contre-réformes qu’il veut faire passer en 2008, sur la même ligne, et avec la même méthode.

 
On notera que, dans les déclarations du président, la « négociation » est mise sur le même pied que le « dialogue social ». S’agit-il bien de la même chose ?

 
Qu’est-ce que négocier ? Selon le dictionnaire le Robert, négocier, c’est « établir, régler (un accord) entre deux parties ». Pour négocier, il faut donc au préalable que soient mises en présence « deux parties » représentant des intérêts différents et qui, chacune sans renoncer à défendre les intérêts qu’elle représente, vont chercher un éventuel « accord » de com­promis.

 
Dans une négociation commerciale, l’acheteur cherchera à acheter au prix le plus bas, le vendeur à vendre au prix le plus élevé, et, en fonction du rapport de force (l’état du marché, etc.), le prix fixé constituera un compromis plus ou moins élevé.

 
De même : le vendeur de la force de travail (l’ouvrier) cherche à la vendre au prix le plus élevé, l’acheteur (le capitaliste) cherche à l’acheter au plus bas, et la négociation entre les représentants de l’un (les syndicats ouvriers) et les représentants de l’autre (le syndicat patronal et-ou l’Etat) débouchera, éventuellement, en fonction du rapport des forces, sur un prix de compromis.

 
On le voit, la négociation, au sens plein du terme, n’est rien d’autre qu’un moment dans la lutte des classes. Le principe même de négociation, en ce qu’il reconnaît des intérêts contradictoires, repose sur la reconnaissance de la lutte des classes.

 
Mais peut-on parler de négociations quand un président de la République établit, dans un aréopage composé des représentants du patronat, des syndicats ouvriers et du gouvernement, « l’agenda social 2008 » à partir d’un « cadre concerté », qui se décline, selon les cas, en textes de lois soumis au Parlement par le gouvernement ou en thèmes de « négociations interprofessionnelles patronat-syndicats » sur des sujets imposés, avec obligation de conclure d’ici le 15 janvier dans un cas, avant le 31 mars dans l’autre (1) ?

 
Non, cela, ce n’est pas la négociation. Cela, c’est le « dialogue social », tel que défini par la loi de février 2007 et par les textes de Bruxelles, le « dialogue social » qui prétend réduire les syndicats ouvriers au rôle de « colégislateurs » au nom de « l’intérêt général ».

 
« Négociation » et « colégislation » (appelée parfois « dialogue social ») sont deux termes contradictoires. Le premier reconnaît la lutte de classe, le second prétend la nier. Le premier relève de la démocratie politique, le second, comme nous l’expliquons dans nos colonnes (2), de la marche au corporatisme.

 
Le recours au terme de « négociation » ne suffit pas à transformer le plomb en or.
Il suffit de voir comment le gouvernement, sans attendre la fin de la prétendue « négociation entreprise par entreprise » sur tous les aspects des régimes spéciaux, a, par décrets, imposé son coup de force la veille du réveillon (3) !

 
Dans la tribune libre que nous publions cette semaine, le camarade Roger Sandri qualifie cette situation nouvelle de « tournant » qui menace « la survie du syndicalisme libre et indépendant » et qui conduirait tout droit, s’il n’était pas contrecarré, vers « un nouveau type de société et de système qui porte un nom : le corporatisme ».

 
Sur un plan politique, on en tirera une conclusion : la lutte contre l’instauration de l’ordre corporatiste (c’est-à-dire la lutte pour la défense et la reconquête de la démocratie politique) exige la rupture avec l’Union européenne. Quel meilleur instrument pour cette lutte que la construction d’un parti ouvrier indépendant, revendiquant la lutte de classe comme programme et comme moyen d’action ?

 Daniel Gluckstein

(1) Voir la lettre de Sarkozy du 21 décembre. 
(2) Lire page 3. 
(3) Lire page 2.


Chaque semaine, lisez “Informations Ouvrières” : ABONNEZ-VOUS !

 undefined

 REJOIGNEZ LE PARTI DES TRAVAILLEURS

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article