Six crises à contenir...(edito D'informations Ouvrières)
“Rentrée politique : les six crises à contenir » : sous ce titre, Le Monde passe en revue la rentrée du gouvernement Sarkozy. Il y est question de la taxe carbone, préconisée par le rapport du « socialiste » Michel Rocard ; de l’inévitable « hausse des licenciements » face à laquelle on ne pourra « compter que sur les mesures de compensation », notamment « les contrats de transition professionnelle étendus prochainement dans 40 bassins d’emplois » grâce au vote des députés du PS et du PCF ; de « la réforme des collectivités territoriales », un dossier jugé « explosif » par Le Monde, puisqu’il s’agit d’aller jusqu’au bout de la remise en cause des départements et des communes (dans ce cadre, le journal signale que « doit être examiné en octobre, au Parlement, le projet de loi transformant La Poste en société anonyme » ; heureusement, se rassure Le Monde, « qu’un comité national » a été mis en place, qui se contente prudemment d’en appeler à une consultation de la population).
Parmi les « crises à contenir », Le Monde évoque également la grippe A, la sécurité et l’éducation, où il faudra « gérer 16 000 nouvelles suppressions de postes » s’ajoutant en 2010 aux 13 500 qui disparaissent à cette rentrée.
Donc, si l’on résume : des « crises à contenir », des crises qui, selon l’honorable quotidien, devraient être contenues… grâce à l’implication des dirigeants des partis de gauche dans l’accompagnement ou la mise en oeuvre de ces contre-réformes. Cette situation — qui fait suite à la succession des journées d’action saute-mouton de l’an passé — ne facilite pas la riposte sur le terrain de la lutte de classe.
Pas plus que les déclarations d’un secrétaire confédéral de la CGT, Mourad Rhabi, en plein été, prenant l’engagement public : « Il n’y aura pas de grève générale. »
Pas plus que celle, lui faisant écho, du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, se prononçant ce 25 août contre une telle perspective.
Et pourtant, placés en situation de légitime défense, les travailleurs disposent-ils d’un autre recours que leur lutte de classe dans l’unité ? Certes, on le voit, ils sont confrontés à des obstacles. Mais, oui ou non, sont-ils fondés à recourir à la grève contre la politique destructrice qui les frappe ? Oui ou non, par exemple, les postiers confrontés à la loi de privatisation et à ses conséquences sont-ils fondés à recourir à la grève dans l’unité pour le retrait du projet de loi et la défense de leur statut ? Pour notre part, nous affirmons qu’aussi difficile que soit la situation à laquelle les travailleurs sont confrontés du fait de la politique des appareils, est légitime, parce que relevant de la légitime défense, toute action qui emprunte la voie de la lutte de classe dans l’unité.
Ce qui nous ramène à la question politique de l’unité, celle des travailleurs et de l’ensemble des organisations se réclamant de leurs intérêts autour des mots d’ordre de défense et de préservation de la classe ouvrière. Et pour commencer : interdiction des licenciements.
Ce n’est que sur cette voie qu’il sera possible de desserrer l’étau dans lequel on voudrait contraindre les travailleurs et leurs organisations à accompagner tous les plans destructeurs. Tel est l’enjeu réel des « crises » en cette rentrée. Crises que les organisations ouvrières n’ont certainement pas pour mandat d’aider le gouvernement à contenir. N’en déplaise au Monde et aux partisans de tout poil de la gouvernance corporatiste.