Fatalité ?
C’est le temps des universités d’été. Après les Verts et en attendant celle du PS, c’est au tour du NPA ce week-end. Mais il y a aussi, avant les universités d’été, des réunions préparatoires.
A sa « Fête de la rose », Montebourg a menacé de quitter le PS s’il n’y avait pas de primaires pour désigner le candidat en 2012. Porte-parole du PS et représentant officiel de la « gauche » du PS, Benoît Hamon, qui était présent, a donné son accord. Depuis, Fabius s’est rallié à cette position, décrétant les primaires inévitables.
L’étau se resserre autour de Martine Aubry, qui n’est pas favorable à des primaires, mais à un vote des militants du Parti socialiste. Car ces dirigeants n’entendent pas solliciter le vote des militants du PS, mais faire élire par les citoyens, qu’ils soient ou non membres du PS, le candidat qui ne sera plus le candidat du PS, mais de la « gauche ».
Benhamias, du Modem, a déclaré y être favorable à condition que ce ne soit pas seulement le candidat de la gauche, mais celui de l’opposition face à Sarkozy. Deux jours plus tôt, Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, a tenu à Marseille une réunion où étaient présents Marielle de Sarnez, du Modem, Cohn-Bendit, Christine Taubira, du PRG, Robert Hue, rénovateur PCF, dessinant ainsi les contours de cette opposition.
A l’université d’été du NPA, Besancenot a dénoncé cette « union de centre-gauche » : « Au moins, les choses se clarifient à gauche. »
Et Le Parisien d’écrire : « Il n’est pas mécontent de la position de certains dirigeants PS. » Car la presse relève que le NPA se propose d’aller aux élections régionales avec le Parti de gauche et le PCF, et ferait un accord de désistement « technique » au deuxième tour… avec le PS. Dans toutes les universités d’été, Verts, PS, NPA, au centre, il y a les élections régionales. Besancenot a quand même parlé des plans de licenciements, pour dire : « Il faut lutter contre la fatalité ambiante, le rapport de force s’est dégradé. »
De quelle « fatalité » s’agit-il ? De celle qui voit toutes les universités d’été discuter des « alliances électorales » plutôt que de l’alliance contre les licenciements ?
N’y a-t-il pas un rapport avec le fait que, depuis des mois et des mois, les directions du PS, du PCF, du Parti de gauche, du NPA et de Lutte ouvrière refusent d’appeler dans l’unité à la marche unie pour l’interdiction des licenciements ?
MARGUERITE LEUWEN (extrait d’informations Ouvrières N°61)
