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l'existence determine la conscience

10000 suppressions d'emplois chez airbus

24 Février 2007 , Rédigé par Daniel gluckstein Publié dans #On veut un vrai travail - un vrai salaire

voici l'édito du numéro du 22 février 2007 du journal Information ouvrière, journal du Parti des Travailleurs

Il en va du sort de 10 000 travailleurs

 Dix mille suppressions d’emplois à Airbus, c’est un désastre annoncé, prévisible et prévu. 

Est-il inévitable ?  

A cette question, le Premier ministre, Dominique de Villepin, répond en promettant qu’il n’y aura pas « de licenciements secs » (AFP, 20 février). Il y aura donc bien dix mille suppressions d’emplois !
Conseiller de Sarkozy, François Fillon s’inquiète : surtout, que « les gouvernements ne se mêlent pas trop de l’organisation industrielle » (AFP, 20 février). Laissez donc les patrons supprimer les emplois…

Et à gauche ?
Ségolène Royal, durant les plus de deux heures passées, lundi soir, sur le plateau de TF 1, n’a pas consacré un mot aux dix mille suppressions d’emplois annoncées pourtant quelques heures plus tôt !
Quant au président socialiste de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, il estime que le report de l’annonce du plan par la direction d’Airbus doit être « mis à profit pour rappeler la place de notre région et de sa voisine aquitaine dans le dispositif aéronautique européen » (AFP, 20 février). Autrement dit… supprimez les emplois ailleurs…, et défendons notre région contre les autres régions (1) ! 
Candidate du PCF, Marie-George Buffet se prononce pour « un moratoire suspensif », afin de débattre « des solutions alternatives » (AFP, 19 février).
Quant à Yves Salesse, conseiller de José Bové, il déclare : « Aucun licencié ne sera laissé sur le carreau » (Marianne, 2007.info, 19 février)
Aucun ne dit tout simplement : retrait du plan Power 8 et des dix mille suppressions d’emplois. La seule difficulté à régler semble être la manière de faire passer la pilule. Est-ce pour cela que le journal patronal Les Echos (19 février) vante les qualités de Louis Gallois, aujourd’hui patron d’Airbus, qui, lorsqu’il présidait la SNCF, avait réussi « à composer plutôt qu’à affronter les syndicats de cheminots (…). C’est ainsi que, l’air de rien (…), il a réussi à réduire les effectifs de près de 13 000 personnes » ?
Le fait est que, le 19 février, jour où fut rendu public pour la première fois le chiffre de dix mille suppressions d’emplois, le titre EADS (qui contrôle Airbus) a grimpé de 2,51 % à la Bourse de Paris ! Pour les patrons, et particulièrement les fonds de pension spéculatifs nord-américains, qui contrôlent largement le capital d’EADS, la destruction des emplois est une bonne nouvelle.
Mais pour les travailleurs, ceux d’Airbus, mais aussi ceux d’Alcatel, ou encore ceux de Moulinex, pour lesquels la justice vient de montrer ce que signifient « les plans sociaux d’accompagnement », les suppressions d’emplois sont un désastre.
  Mais ce désatre n’a rien d’inévitable.
C’est la responsabilité de l’Etat de renationaliser Airbus et d’interdire, par là même, tout licenciement. Comme c’est sa responsabilité de prendre les mesures permettant de soustraire l’industrie à la pression destructrice des marchés financiers et des actionnaires.
Est-ce parce qu’ils se soumettent à l’Union européenne qu’aucun des responsables politiques cités plus haut ne dit tout simplement : retrait du plan Power 8 et des dix mille suppressions d’emplois ?
C’est un fait : à cette exigence s’oppose le carcan du traité de Maastricht, qui stipule (article 87) que « sont incompatibles avec le marché commun (…) les aides accordées par les Etats membres (…) qui faussent ou menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».
Répétons-le : il en va du sort de dix mille travailleurs et de leurs familles.
Il en va du sort de l’industrie et de toute l’économie du pays.
On ne peut sauver le pays du marasme et la classe ouvrière de l’effondrement social si l’on craint de nationaliser et de rompre avec l’Union européenne (2).

Daniel Gluckstein
 

(1) Au fait… n’est-ce pas le véritable visage de l’Union européenne ? Opposer les travailleurs d’une région à ceux d’une autre région ? Et aussi les travailleurs d’Airbus d’un pays aux travailleurs d’Airbus des autres pays, et pour, au bout du compte les frapper tous ? 
(2) Et nous disons : partisans de l’Union libre des travailleurs et des peuples d’Europe, nous nous prononçons pour : aucun licenciement, dans aucun des 17 sites d’Airbus en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne, action commune des travailleurs et de leurs organisations dans chacun de ces pays pour y parvenir.


la carte est extraite du site d'usine nouvelle

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